Boston Chery : la DJ de Brooklyn qui a signé un remix bouyon
Publié le 20 octobre 2026
Boston Chery est une DJ et productrice installée à Brooklyn, originaire de Boston, dans le Massachusetts, d’héritage haïtien, et l’une des figures de la musique de club afro-caribéenne à New York. Elle n’est pas une artiste bouyon, et ce profil le dit dès l’entrée. Sa place sur ce site tient à un fait précis, écrit noir sur blanc par elle-même : en tête de son catalogue Bandcamp trône « Spend It », son remix de Summer Walker, publié le 19 décembre 2025 sous le titre exact « Spend It, Summer Walker (Boston Chery Bouyon Remix) ». Une DJ de Brooklyn, formée au kompa haïtien, au dancehall et au R&B, qui choisit le mot bouyon pour signer un remix de R&B américain : voilà le point de contact, documenté par sa page officielle. Ce profil raconte son parcours complet, de Crown Heights aux résidences new-yorkaises, de Boiler Room à son label The 8th Path, puis délimite exactement où s’arrête son lien avec le bouyon de la Dominique.
Qui est Boston Chery : Boston dans le nom, Brooklyn dans la vie
Boston Chery est une DJ et productrice basée à Brooklyn, à New York. Sa propre biographie Bandcamp, la source la plus directe du dossier, la présente comme une DJ et productrice de Brooklyn originaire de Boston, dans le Massachusetts, avec près de huit ans d’expérience de la scène club et artistique des trois États au moment de la rédaction du texte. Serato, dans son portrait d’artiste, la dit née à Boston et basée à Brooklyn. Dans l’entretien qu’elle donne à Earth in Color, elle formule la même géographie dans ses mots : née dans le Massachusetts, mais de New York, ayant grandi à Crown Heights, à Brooklyn. Le nom de scène porte la première ville, la carrière se joue dans la seconde.
L’autre racine est haïtienne. Rooftop Films la présente comme une DJ et productrice haïtiano-américaine élevée à Boston et basée à Brooklyn, et Serato insiste sur cet héritage : le kompa haïtien, avec ses lignes de basse mélodiques et son tambour tanbou, fait partie des sons qui l’ont formée, aux côtés des voitures et des trains de New York auxquels l’enfant qu’elle était répondait en beatbox. Dans le portrait Serato Paradise 2026, elle est décrite comme une enfant de la diaspora haïtienne, et elle y revendique une musique pensée pour rendre leur son aux Haïtiens et rassembler les gens. Sa prononciation de scène est précisée par Rooftop Films : Chery se dit Cherié.
Musicalement, les portraits convergent sur un territoire large et dansant. Rooftop Films parle de grooves profonds et contagieux et d’un amour pour le reggae et le dancehall des années 1990, l’afrobeat, les musiques du monde, le R&B et le hip hop. Serato résume son style en trois mots : percussif, coloré, caribéen, et parle d’une musique de club afro-caribéenne taillée pour le dancefloor. Ses influences citées mélangent les producteurs de R&B américain, Darkchild, Timbaland et Missy Elliott, la scène électronique, Kaytranada, High Klassified, TRAKGIRL, Nova Wave et Melo-X, et la musique kompa haïtienne. C’est dans ce territoire, et non dans celui du bouyon dominicain, que se situe l’essentiel de son œuvre : le bouyon n’y apparaît qu’en un point, traité plus bas avec la précision qu’il mérite.
L’apprentissage : le beatbox de sa mère, Soundtrack Pro, les house parties
L’entretien d’Earth in Color donne le récit de formation le plus complet, dans sa propre voix. Le voyage musical commence à sept ans : elle écrit de la musique et apprend le beatbox auprès de sa mère. L’idée de devenir DJ vient d’ailleurs, d’une phrase entendue chez un ami d’école primaire, dont la mère lui dit depuis l’autre pièce qu’elle devrait se mettre au DJing. Elle décrit ce moment comme une ampoule qui s’allume. Au lycée, elle commence à produire sur Soundtrack Pro, un ancien logiciel Apple pensé pour les vidéastes, garni de boucles et d’effets sonores libres de droits : le jour où elle comprend qu’elle peut manipuler ces boucles pour fabriquer sa propre musique, raconte Serato, le reste suit.
Le DJing proprement dit commence à l’université, sans équipement : elle télécharge Virtual DJ et mixe depuis son ordinateur, avant de s’offrir un contrôleur un an plus tard. Les premiers engagements sont des fêtes d’anniversaire, dont une sweet sixteen réservée par sa propre sœur, et elle garde de cette période une image qui dit tout de l’école des house parties : mixer depuis la cuisinière, les enceintes posées sur la table. Serato confirme le fil conducteur de cette formation : pas d’éducation musicale formelle, mais une pratique d’assemblage, et elle se définit elle-même comme une productrice d’échantillons, quelqu’un qui prend des parties d’un titre pour en construire un nouveau.
Le tournant professionnel se joue à New York au début des années 2010. Elle raconte les années Soho, un stage chez Global Grind, la société de Russell Simmons, où elle devient en une ou deux semaines la plus jeune personne payée pour le travail vidéo, puis les sets pour Mass Appeal et la rencontre avec l’une de ses premières mentors, la DJ Natasha Diggs, qui lui offre une résidence au DL Rooftop. Un vidéaste suisse rencontré lors d’une fête de jardin l’emmène ensuite mixer à Art Basel : premier avion de sa vie, et la plus grande foule de sa jeune carrière, plus de mille personnes sous la tente extérieure. Le récit de Serato Paradise 2026 revient sur le même dette envers Natasha Diggs : parce qu’une femme DJ lui a ouvert une porte, elle fait de même pour les autres, un principe qui deviendra son label.
La DJ de communauté : Boiler Room, Sway, AFROPUNK et les résidences
La carrière de DJ de Boston Chery se lit, dans les portraits, comme une suite de scènes qui comptent pour la culture club new-yorkaise et au delà. Rooftop Films, qui la programmait en juin 2022 pour une projection en plein air du film Citizen Ashe à New York, aligne les faits : des passages sur Boiler Room et dans l’émission de radio Sway In The Morning, une appartenance à la première promotion du Creator Class de Splice, des apparitions à AFROPUNK, au Brooklyn Museum et au Museum of Fine Arts de Boston, et des scènes partagées avec Jill Scott, Kaytranada, GoldLink et MeLo-X. À cette date, elle tient des résidences à Dumbo House, à Brooklyn, et au bar Peachy, à Chinatown.
Le Creator Class de Splice mérite une ligne à part, parce qu’il situe son niveau de reconnaissance côté production dès 2019. Splice présentait alors sa promotion inaugurale, et le portrait de Boston Chery y comptait dix ans d’expérience de DJ et quatre ans de production, avec des influences afrobeat, dancehall et hip hop revendiquées dans tous ses projets. C’est le même profil que Serato mettra en avant en 2023 dans sa série Studio 2.0, en décrivant son outil de travail du moment, Serato Studio avec un clavier AKAI MPK, et la fonction Stems comme un accélérateur de son processus d’échantillonnage.
Le sens de ce parcours, elle le formule elle-même dans l’entretien d’Earth in Color, à propos des publics queer pour lesquels elle a commencé à mixer quelques années plus tôt. Elle y parle d’une famille choisie, de Haïtiens queer qui viennent la remercier après les sets, et d’une représentation qui compte : au début de sa carrière, elle ne voyait pas de DJ femmes lesbiennes ou de présentation masculine, ni de DJ non binaires, à ce niveau de visibilité. Son portrait Serato de 2023 résume la mission en une phrase : créer de la communauté par la musique, avec des sets dynamiques complétés par ses propres productions et remix, exactement la formule que sa biographie Bandcamp met aussi en avant.
The 8th Path : le label comme porte ouverte
En 2020, selon le portrait que lui consacre Brooklyn Vegan, Boston Chery fonde The 8th Path Records, pour élever les artistes BIPOC de la communauté DJ et remix grâce aux relations construites au fil des années. Serato, en 2023, présente la même structure comme un label qui met en lumière les producteurs et DJ BIPOC du monde entier. Le portrait Serato Paradise 2026 précise le nom complet, The Eighth Path, et en donne l’étymologie personnelle : née un 8, un chemin de vie numéro huit, et le sentier octuple bouddhiste vers l’illumination, traduit en musique par une illumination qui passerait par le dancefloor et par les autres.
L’activité du label, telle que Serato la décrit en 2026, est celle d’une plateforme de programmation autant que d’édition : The Eighth Path a fait jouer des DJ d’Australie au Japon et de la Guadeloupe à l’Autriche, sans quota esthétique, avec pour seuls critères le talent, la communauté et l’idée que tout le monde mérite une plateforme. La Guadeloupe figure donc, au passage, dans la géographie réelle de son réseau de booking, ce qui ne fait pas d’elle une actrice du bouyon gwada, mais situe un de ses points de contact concrets avec la Caraïbe francophone.
Ce label est la traduction institutionnelle de son histoire personnelle. Le portrait de 2026 raconte une jeune DJ sans le sou, fraîchement sans emploi, qui dit à Natasha Diggs sa joie de rencontrer enfin une femme DJ, et reçoit quelques jours plus tard un message lui proposant de mixer à un concert : elle y fait ses preuves, décroche une résidence, et sa carrière change. Sa conclusion, citée par Serato, tient en un engagement : faire pour les nouveaux DJ ce que Natasha Diggs a fait pour elle, les programmer, leur donner des résidences et les brancher à toutes les personnes possibles. The 8th Path est cette promesse devenue structure.
Le catalogue Bandcamp : des edits de 2019 à l’EP Channel 8
Le catalogue que Boston Chery expose sur sa page Bandcamp officielle compte seize entrées, et il se lit comme un journal de bord de DJ productrice. Les plus anciennes fiches ouvertes pendant cette recherche datent du 12 décembre 2019 : « G.O.A.T », construit sur Princess Nokia avec Jean Sean et Eli Cure, et « Kotch », son edit du titre de Rdx, deux gestes typiques du travail d’edit de club. En 2020 paraissent « Signs » et « Skeletun », le 5 juin, puis le remix de « WAP », avec Megan Thee Stallion, le 20 août, et celui de « Body » de Megan Thee Stallion, le 4 décembre. La méthode est celle de la productrice d’échantillons qu’elle dit être : prendre les titres qui dominent les dancefloors du moment et les retravailler dans sa grammaire caribéenne et percussive.
Le sommet éditorial du catalogue est « Channel 8 (Part I) », sorti le 3 mars 2023 sur le label Styles Upon Styles, en formats numérique et physique. L’EP compte trois titres, tous produits par Boston Chery : « Down For Me » avec Midlo, 3 minutes 48, « 24 Hours » avec Bemata, 3 minutes 34, et « Mamita » avec Indigo General, 3 minutes 01. La page de l’EP précise que le projet Channel 8 couvre deux EP et une multitude de talents de sa communauté, et que ce premier volet fait entendre des voix de Los Angeles, de New York et de Harlem. Les crédits détaillent un vrai travail de production chantée : productions vocales, mixage et mastering confiés à des collaborateurs nommés, loin de l’edit rapide.
Après l’EP, le catalogue reprend le fil des remix de club : « Truth or Dare » de Tyla, publié le 11 février 2025 avec la mention Boston Chery Flare sur sa fiche, puis, en tête de page, « Spend It » de Summer Walker, daté du 19 décembre 2025. Entre les deux, la page aligne aussi les volumes de mixes Summers With You, des collaborations d’edits avec Simen Sez, l’un des producteurs de sa promotion Splice, sur « Cash Shit » de Megan Thee Stallion avec DaBaby et « Be Faithful » de Fatman Scoop, un « Come Thru » de Summer Walker avec Leemz, et un remix du « Pleasure Principle » de Janet Jackson. Ce catalogue est celui d’une DJ de la diaspora caribéenne de New York : afrobeat, dancehall, R&B et hip hop, travaillés pour la fête. Il faut maintenant dire, exactement, où le bouyon s’y branche.
Le point bouyon : « Spend It », et les limites du lien
Le lien de Boston Chery avec le bouyon tient en un titre, et ce titre le proclame lui-même. « Spend It, Summer Walker (Boston Chery Bouyon Remix) », publié sur son Bandcamp le 19 décembre 2025, prend un titre de Summer Walker, chanteuse de R&B américain, et le rebaptise explicitement en remix bouyon. La fiche du titre ne développe pas davantage : une courte note la présente comme des vibrations parfaites à ajouter à un set de DJ. Mais le geste est lisible sans commentaire : en décembre 2025, une productrice de Brooklyn au réseau mondial choisit le mot bouyon, et non soca, dancehall ou kompa, pour qualifier le traitement rythmique d’un remix de R&B. Le bouyon, né à la Dominique, est devenu une grammaire disponible pour les DJ de la diaspora, au même titre que les autres rythmes caribéens de sa palette.
Ce point de contact ne doit pas être gonflé. Aucune autre entrée de son catalogue Bandcamp ne porte la mention bouyon, ses portraits de référence parlent de musique de club afro-caribéenne, de kompa, de rabòday, de dancehall et de R&B électronique, et rien dans le dossier ne la relie directement à la Dominique, à ses artistes ou à ses scènes. Le rappel de genre s’impose ici comme ailleurs sur ce site : le bouyon soca, l’une des formes chantées issues du bouyon, a été lancé par Dada en 2003 à la Dominique, selon le témoignage de première main de Sean « Smokiller » Francis, Dominican-born. Quand une DJ de Brooklyn applique le nom bouyon à un remix de Summer Walker, elle cite une rythmique dominicaine devenue mondiale, elle ne devient pas pour autant une artiste de la scène dominicaine, et ce site la documente comme une voisine de catalogue, au même titre que les autres passeurs du son.
Les limites du dossier sont les suivantes. La biographie Bandcamp, rédigée à une date non précisée, parle de près de huit ans d’expérience, un chiffre que d’autres portraits contredisent en creux, Splice comptant déjà dix ans de DJing en 2019 : ce profil retient les faits datés et laisse les durées approximatives aux textes qui les portent. Les fiches Bandcamp ouvertes donnent des dates et des crédits, mais pas de détails de fabrication sur le remix bouyon lui-même : ni tempo, ni crédits d’écriture, ni réaction publique documentée à ce jour dans cette recherche. Pour écouter juste, commencez par « Spend It » pour le point bouyon, poursuivez par l’EP « Channel 8 (Part I) » pour la productrice de titres chantés, puis par « Truth or Dare », « Body » et « WAP » pour la grammairienne des edits. Et pour le versant dominicain de l’histoire, retrouvez nos pages remix bouyon, bouyon diaspora et notre playlist bouyon.
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Questions fréquentes
Qui est Boston Chery ?
Boston Chery est une DJ et productrice basée à Brooklyn, à New York, originaire de Boston, dans le Massachusetts, et d’héritage haïtien. Sa biographie Bandcamp la présente comme une DJ de la scène club et artistique des trois États, avec une mission claire : mettre l’énergie dans la pièce et faire bouger la foule avec des sets dynamiques et ses propres productions et remix. Serato la décrit comme une fondatrice de label créant de la communauté par une musique de club afro-caribéenne taillée pour le dancefloor.
Pourquoi Boston Chery figure-t-elle sur un site bouyon ?
Pour un titre précis, écrit par elle-même : « Spend It, Summer Walker (Boston Chery Bouyon Remix) », publié sur son Bandcamp officiel le 19 décembre 2025, en tête de son catalogue. C’est à ce jour la seule entrée de son catalogue à porter la mention bouyon. Le reste de son œuvre relève de la musique de club afro-caribéenne, du kompa, du dancehall, du R&B et du hip hop, et ce profil la documente comme une voisine de catalogue, pas comme une artiste de la scène dominicaine.
Qu’est-ce que The 8th Path ?
Le label et la plateforme fondés par Boston Chery, présentés par Brooklyn Vegan comme créés en 2020 pour élever les artistes BIPOC de la communauté DJ et remix, et par Serato comme un label mettant en lumière les producteurs et DJ BIPOC du monde entier. Serato Paradise 2026 précise le nom complet, The Eighth Path, inspiré de sa naissance un 8, de son chemin de vie numéro huit et du sentier octuple bouddhiste, et décrit des programmations de DJ d’Australie au Japon et de la Guadeloupe à l’Autriche.
Quel est le principal disque original de Boston Chery ?
« Channel 8 (Part I) », un EP de trois titres sorti le 3 mars 2023 sur Styles Upon Styles, en numérique et en physique : « Down For Me » avec Midlo, « 24 Hours » avec Bemata et « Mamita » avec Indigo General, tous produits par Boston Chery. La page de l’EP précise que le projet Channel 8 couvre deux EP et rassemble des talents de sa communauté, de Los Angeles à Harlem.
Où Boston Chery a-t-elle joué ?
Selon Rooftop Films, qui la programmait à New York en juin 2022, elle s’est produite sur Boiler Room et dans l’émission Sway In The Morning, à AFROPUNK, au Brooklyn Museum et au Museum of Fine Arts de Boston, et elle a partagé des scènes avec Jill Scott, Kaytranada, GoldLink et MeLo-X. Elle tenait alors des résidences à Dumbo House, à Brooklyn, et au bar Peachy, à Chinatown. Elle raconte aussi un set à Art Basel, devant plus de mille personnes, lors de son premier voyage en avion.
Où écouter Boston Chery ?
Sur sa page Bandcamp officielle, liée dans les données de cette page : « Spend It » pour son remix bouyon de Summer Walker, l’EP « Channel 8 (Part I) » pour ses productions chantées, « Truth or Dare » de Tyla, « Body » et « WAP » de Megan Thee Stallion pour ses remix de club, et « Signs », « Skeletun », « G.O.A.T » et « Kotch » pour ses edits les plus anciens. Notre playlist bouyon suit le versant dominicain du son qu’elle cite dans « Spend It ».
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