Tazzo Thaboss : le rappeur de Grand Bay qui revendique le premier Bouyon Drill
Publié le 20 octobre 2026
Tazzo Thaboss est un rappeur de la Dominique, ancré à Grand Bay dans ses propres textes, dont le nom est attaché à l’épisode le plus discuté de l’histoire récente du bouyon : la naissance revendiquée du Bouyon Drill au printemps 2021. Son titre « Glizzy Spray », sorti selon ses propres notes le 26 mars 2021 à Tazzo Studios alors qu’il vivait au Japon, est présenté par l’artiste lui même, dans le titre même de sa vidéo, comme le premier « Bouyon Drill » de l’histoire. Ce profil raconte cette revendication comme une revendication : aucune source indépendante ouverte pour ce dossier ne la confirme. Il suit en revanche, page par page, ce que ses notes de sortie établissent vraiment : une œuvre de rap du sud de l’île, le SouthCity Rap, une chaîne de couplets qui se répondent de 2020 à 2021, et un nom de scène emprunté à DJ Flip Tha Boss, le DJ auquel le même récit attribue le riddim qui a lancé le mouvement quelques semaines plus tard.
Qui est Tazzo Thaboss : un nom emprunté, un studio maison, aucune biographie
Commençons par ce que le dossier ne contient pas, parce que c’est beaucoup. Aucune biographie, aucune interview, aucun article de presse consacré à Tazzo Thaboss n’a été retrouvé, et aucune fiche de titre sur une plateforme de distribution, ni Shazam, ni Spotify, ni Apple Music, ni Deezer, n’a pu être ouverte à son nom. Tout ce que ce profil sait de lui vient de cinq pages YouTube signées de son nom, dont les descriptions, longues et méthodiques, sont écrites comme des notes de sortie par l’artiste lui même. Ces notes sont une source primaire précieuse, à condition de ne jamais oublier qui parle : quand Tazzo écrit l’histoire du Bouyon Drill, il écrit aussi sa propre place dedans, et ce profil attribue donc chaque affirmation de ce récit à son auteur.
Le nom d’abord, parce que sa propre note l’explique. Dans la description de « Glizzy Spray », Tazzo écrit que, par coïncidence, il a été inspiré par « DJ Flip Thaboss » pour ajouter « Thaboss » à son propre nom, et que cet emprunt date d’avant la création du Bouyon Drill. Le détail compte doublement : il rattache Tazzo à DJ Flip Tha Boss, dont notre profil compagnon raconte le parcours, et il situe l’emprunt avant mars 2021, le futur revendicateur du premier titre du genre portant déjà la marque du DJ que le récit désigne comme le déclencheur du riddim. La graphie varie : « TAZZO THABO$$ » avec deux signes dollar dans les titres des vidéos, « Tazzo Thaboss » dans le corps des notes. Ce profil titre avec la seconde forme et signale la première là où elle paraît.
Le reste de l’identité tient en trois enseignes. « Tazzo Studios » est le lieu d’enregistrement revendiqué de chaque titre ouvert : écrit et enregistré par Tazzo Thaboss à Tazzo Studios, répètent les descriptions, ce qui fait de son œuvre une production maison, écrite, enregistrée et documentée par la même personne. « TAZZO ENTERTAINMENTS » est la signature qui clôt les mêmes pages. Et la mention « DOMINICA (2020) » ou « DOMINICA (2021) » pose le cadre : un artiste de la Dominique qui signe de son île même quand, comme pour « Glizzy Spray », la note précise qu’il vivait alors au Japon. Aucun nom civil, aucun âge, aucune date de naissance ne peut être imprimé : les sources ouvertes n’en donnent aucun.
Une dernière chose se lit dans la forme même des notes. Tazzo documente son œuvre comme un archiviste : chaque description renvoie aux autres titres, date les influences couplet par couplet, liste les versions, et définit ses propres genres. Cette manie documentaire, rare dans le bouyon, rend ce profil possible. Elle impose aussi sa limite : l’archive est à sens unique, et chaque date de ce profil repose sur sa seule parole d’artiste.
SouthCity Rap : le rap du sud de l’île, défini par l’artiste lui même
Avant le Bouyon Drill, il y a le SouthCity Rap, et c’est Tazzo lui même qui en donne la définition, mot pour mot dans la description de « Hush » : le SouthCity Rap regroupe des titres comme « I Got Enemies », « Hush », « What U Need? », « Stop My Hustle », « We Affi Survive » et « Badman », et il est chanté, dit la note, dans l’accent anglais cassé unique de South City, en Dominique. Les notes et les paroles nomment sans relâche le sud de l’île, et le hashtag qui accompagne « Hush » comme « What U Need? » est le même, « GRANDBAY ». Le SouthCity Rap est donc, dans la présentation de son auteur, le rap d’un territoire précis, Grand Bay et le sud dominicain, avec son accent revendiqué comme une signature.
Le corpus ouvert pour ce profil compte cinq titres, tous publiés sur YouTube sous son nom. « Hush » et « What U Need? », étiquetés SouthCity Rap, forment la paire de mars 2020 : ses notes datent le premier du 7 mars 2020 et le second du 8 mars 2020. « Stop My Hustle » paraît sous la double étiquette UK Drill et SouthCity Rap, « We Affi Survive » sous celle de Dancehall et SouthCity Rap, et « Glizzy Spray », en 2021, est le titre où le SouthCity Rap, selon le récit de l’artiste, bascule dans le Bouyon Drill. Aucun de ces titres n’a de fiche ouverte sur une plateforme de distribution : ils vivent sur YouTube, avec leurs notes, et c’est là que ce profil les a lus.
Le trait le plus singulier de ce corpus est sa mécanique interne, que les notes décrivent avec une précision d’horloger. Les couplets circulent d’un titre à l’autre et se transforment en chemin. Les couplets 1 et 3 de « Hush » sont identiques, dit sa note, et ils sont devenus ensuite les couplets 1 et 3 de « Stop My Hustle » ; de là, ils ont influencé le deuxième couplet de « Glizzy Spray ». Le couplet 2 de « Hush » a, lui, influencé le couplet 2 de « We Affi Survive ». « We Affi Survive », dans l’autre sens, doit son premier couplet au couplet 2 de « What U Need? ». Et « Stop My Hustle » déclare ses propres dettes : né de « Hush », avec un couplet 2 influencé par « Ayen Pa Change », un titre que la même note range dans un autre genre maison, le Rapatwa. L’œuvre de Tazzo, telle qu’il la documente, est un système de vases communicants où un même matériau verbal, né en mars 2020 dans le sud de l’île, irrigue quatre titres et finit par porter la revendication de 2021.
Il faut mesurer ce que cette mécanique dit de l’artiste. Le rappeur qui recycle ses propres couplets en les datant et en traçant leurs trajets fait un travail d’auteur au long cours, et un travail d’historien de lui même : sans ces notes croisées, impossible de reconstituer l’ordre de son catalogue, qu’aucune plateforme ne classe. La limite reste la source unique : cette généalogie est la sienne, et ce profil la rapporte comme le plan de l’œuvre dessiné par son auteur, non comme une discographie vérifiée par un tiers.
Glizzy Spray, 26 mars 2021 : anatomie d’une revendication
Le titre central du dossier porte sa revendication dans son intitulé même : « TAZZO THABO$$, GLIZZY SPRAY (1ST BOUYON DRILL EVER) », le premier Bouyon Drill de tous les temps, entre parenthèses et en capitales. La description développe le récit. Le Bouyon Drill y est défini comme un sous genre moderne et énergique, fusion de la musique bouyon électronique traditionnelle de la Dominique avec les basses glissées et la syncope sombre de la drill britannique et de Chicago, et le texte situe l’émergence de ce style distinct autour de mai 2021. Dans ce récit, Tazzo est présenté comme le premier pionnier du Bouyon Drill, avec « Glizzy Spray », sorti à l’origine le 26 mars 2021 à Tazzo Studios, alors qu’il vivait au Japon. Chaque mot de cette phrase est le sien : ce profil la cite comme la revendication fondatrice du dossier.
La note précise ensuite la fabrique du titre, et c’est sa partie la plus vérifiable en interne, parce qu’elle renvoie au corpus ouvert. Le couplet 1 de « Glizzy Spray » est original, écrit pour ce titre. Les couplets 2 et 3, eux, ont été influencés par un titre drill de Tazzo sorti en 2020, « Stop My Hustle », qui remontait lui même à « Hush ». Autrement dit : le morceau revendiqué comme le premier Bouyon Drill est, pour deux tiers de ses couplets, le point d’arrivée d’une chaîne de rap du sud commencée un an plus tôt. La note ajoute deux dates de vie du titre : une vidéo non officielle publiée deux jours après la sortie, le 29 mars 2021 selon le texte, puis, le 28 août 2021, une version « SouthCity Drill » du même texte posée sur l’instrumental de « Whoopty » de CJ, le même instrumental que le récit attribue au riddim de DJ Flip en mai 2021.
Le vocabulaire du titre est documenté par la note elle même, qui explique qu’en dépit de son étiquette Bouyon Drill, « Glizzy Spray » était, sur le plan des paroles, le type de bouyon le plus influencé par la drill, avec ses termes énumérés un par un : Glizzy, Spray, le gang, BDK, GDK, Bando, Draco, Extendo, Glock, Opps. Les paroles intégrales, publiées dans la même description, déploient ce lexique dans un récit de rue à la première personne, et le refrain donne au titre son image centrale : si l’on manque de respect au gang, le Glizzy se met à asperger. C’est sur ce texte là, saturé de références de la drill américaine et britannique, que repose l’argument de l’artiste : sa thèse est d’abord une thèse de paroles, le premier Bouyon Drill serait celui dont les mots sont les plus drill.
Reste la question que tout lecteur doit poser : qui, en dehors de Tazzo, raconte cette histoire ? Dans les sources ouvertes, le récit circule sous deux formes liées : ses notes, et le passage que l’article Wikipédia consacré au bouyon consacre à la drill, qui reprend les mêmes noms et les mêmes dates, comme le raconte notre profil de DJ Flip Tha Boss. Aucune fiche de plateforme, aucun article de presse de 2021, aucun chiffre d’écoute publié n’est venu recouper la date du 26 mars 2021 ni le rang de premier. Ce profil imprime donc la revendication avec son attribution complète et refuse de la transformer en fait établi. La revendication elle même, en revanche, est un fait de documentation : elle existe, elle est datée, elle est publique.
La géographie des paroles : Grand Bay, Scott’s Head, Saint Joe
Si les dates de Tazzo reposent sur sa seule parole, sa géographie, elle, est inscrite dans les textes qu’il publie, et elle est d’une constance remarquable. Le premier couplet de « Glizzy Spray », reproduit dans sa note de sortie, ouvre sur un décompte territorial : six hommes dans un Bando, trois hommes de Scott’s Head, deux hommes de Grand Bay, un homme de Saint Joe. Scott’s Head, à la pointe sud ouest de l’île, Grand Bay, la grande commune du sud dont le hashtag accompagne ses titres de 2020, et Saint Joe, pour Saint Joseph, sur la côte ouest : le couplet dessine la carte d’un équipage enraciné dans le sud et l’ouest dominicains, et les refrains de « Hush » et de « Stop My Hustle » font de Grand Bay le nom qui parle et qu’il faut écouter. Le SouthCity Rap porte bien son nom : c’est un rap de communes nommées, où l’appartenance se décline en villages avant de se décliner en île.
« We Affi Survive » descend encore d’un cran dans le détail local. Son premier couplet, publié dans la description du titre, nomme « Tete Lalay » comme l’endroit où il vit, et « Block 44 » comme l’endroit où l’argent se fait. Ce profil rapporte ces deux noms tels que l’artiste les écrit, sans pouvoir les situer plus finement : ce sont des repères de quartier qu’une documentation extérieure ne cartographie pas, et leur présence dans le texte vaut comme signature d’ancrage.
La géographie de Tazzo a aussi un dehors, inhabituel dans le bouyon : le Japon. La note de « Glizzy Spray » précise que le titre a été enregistré à Tazzo Studios alors qu’il vivait au Japon. Aucune source ouverte ne dit dans quelle ville, ni combien de temps, ni ce qu’il y faisait. Mais le fait dessine un parcours que le genre connaît bien : le bouyon et ses ramifications naissent souvent loin de l’île, dans la diaspora, avec l’île pour adresse de retour. Ici, l’adresse est explicite : la vidéo se ferme sur « DOMINICA (2021) », et ses titres de 2020 sur « DOMINICA (2020) », comme un cachet apposé depuis l’étranger.
Ce contraste éclaire la place de Tazzo dans le paysage du genre. Le bouyon est une musique de la Dominique documentée sur notre page bouyon Dominique, et ses branches récentes, drill comprise, se jouent entre l’île et ses diasporas. Tazzo, rappeur du sud vivant au Japon au moment de son titre le plus cité, en est une figure extrême : tout son appareil de preuve est textuel, notes, dates, paroles et cachets de lieu, parce que sa scène à lui est une scène d’écriture, non de concerts documentés. C’est aussi pourquoi son dossier, si riche en auto documentation, reste si pauvre en recoupements.
Le récit complet du printemps 2021, tel que Tazzo le raconte
La description de « Glizzy Spray » ne raconte pas que Tazzo : elle raconte tout le printemps 2021 du Bouyon Drill, et c’est elle qui sert de source commune aux autres récits du genre, y compris à notre profil de DJ Flip Tha Boss. Il faut donc la lire en entier et dans son ordre. Premier temps, mars 2021 : « Glizzy Spray », que l’artiste présente comme le premier titre du genre. Deuxième temps, avril 2021 : D-Rys, artiste de rap et de l’underground selon la note, publie un des premiers singles de croisement officiels, intitulé exactement « Bouyon Drill ». Troisième temps, mai 2021 : un DJ dominicain en vue, « Dj Flip Thaboss » dans la graphie de la note, publie le très influent Bouyon Drill Riddim, bâti sur un échantillon de « Whoopty » de CJ, et les artistes sautent immédiatement sur le riddim : « We Outside » de Reo, daté du 20 mai 2021, « Hey Cutie » de Charmpian et le « Yenki Song » de Devon George, datés du 21 mai 2021.
Quatrième temps, raconté par la même note : dans les années qui suivent, le sous genre explose aux Antilles françaises, surtout en Guadeloupe et en Martinique, où des figures comme DJ Max’s poussent le son hybride vers le grand public, avec des mashups comme le « Bouyon Drill (Gazo Remix) » de 2022. Ce passage est cohérent avec ce que ce site documente par ailleurs, le bouyon circulant intensément entre la Dominique et les Antilles françaises, comme le montrent nos pages bouyon Gwada et bouyon Martinique. Mais ici encore, la source est la note de Tazzo : aucun document ouvert ne vérifie séparément ce remix ni le rôle prêté à DJ Max’s.
Ce récit appelle une remarque de méthode, que ce profil pose noir sur blanc : la cohérence interne ne vaut pas vérification. Le récit de Tazzo et le passage de Wikipédia sur le Bouyon Drill se correspondent point par point parce qu’ils racontent la même version, vraisemblablement nourrie des mêmes notes d’artiste ; les citer l’un pour l’autre serait un cercle. Le profil compagnon de DJ Flip applique la même discipline : un média caribéen y confirme séparément que « We Outside » de Reo, avec DJ Flip Tha Boss en featuring, fait bien partie des sorties de Reo en 2021. Pour Tazzo, aucun recoupement équivalent n’a été ouvert : ni pour la date de « Glizzy Spray », ni pour D-Rys, ni pour les titres de Charmpian et de Devon George, dont aucune page de sortie autonome n’a été retrouvée.
La seconde remarque concerne la place de Tazzo dans son propre récit. Dans sa note, Tazzo ne s’attribue pas tout : il se donne le premier titre, en mars, puis il donne à D-Rys le single d’avril et à DJ Flip le riddim qui, en mai, transforme l’essai en mouvement. C’est un récit de relais, où le déclenchement collectif appartient à un autre, dont il porte d’ailleurs le nom. Cette structure rend la revendication plus intéressante qu’une simple vantardise, sans la rendre vérifiée : elle reste un texte d’artiste publié sous sa propre vidéo, que ce profil transmet avec son attribution à chaque ligne.
We Affi Survive, les versions, et les dates qui ne s’accordent pas
Le deuxième titre le plus documenté du corpus est « We Affi Survive », publié sous la double étiquette Dancehall et SouthCity Rap, avec une vidéo musicale officielle à laquelle sa propre description renvoie. Sa généalogie, telle que l’artiste la trace, le rattache aux deux titres de mars 2020 : son premier couplet a été influencé par le couplet 2 de « What U Need? », et son couplet 2 par le couplet 2 de « Hush ». Son refrain pose le thème que son titre annonce : on ne veut pas les voir briller, on veut les ramener en bas, mais ils survivent quand même. La note de « Hush » le date du 2 novembre 2021, ce qui en ferait la sortie la plus tardive de la chaîne : les couplets de 2020 continuent donc de produire des titres après l’épisode drill du printemps 2021.
Les versions font partie de la méthode Tazzo. « What U Need? » existe en plusieurs versions, listées dans sa propre description. « Glizzy Spray » a sa vidéo non officielle du 29 mars 2021 et sa version SouthCity Drill du 28 août 2021 sur l’instrumental de « Whoopty ». Cette culture de la version est une culture d’atelier : chez un artiste qui écrit, enregistre et publie seul, chaque titre est un état d’un matériau qui continue de bouger, et les notes servent de journal de bord. Notre page bouyon riddim montre la même logique à l’échelle du genre, où un même rythme porte des voix successives ; chez Tazzo, c’est le texte qui joue le rôle du riddim.
Il faut enfin signaler, sans la maquiller, la contradiction de dates que les notes contiennent. La page de « Stop My Hustle » date sa propre sortie, par le biais de « Ayen Pa Change » publié le même jour, au 14 avril 2020, et son intitulé affiche 2020. La page de « Hush », en revanche, date le même titre du 14 avril 2022. Les deux dates sont de la main de l’artiste, sur deux pages officielles de son catalogue, et aucune source extérieure ouverte ne permet de trancher. Ce profil imprime donc les deux, chacune avec sa page, et ne retient que l’ordre relatif que toutes les notes confirment : « Hush » d’abord, « Stop My Hustle » ensuite, « Glizzy Spray » en 2021.
Que reste t il à écouter, concrètement ? Cinq titres ouverts, dans l’ordre que leurs notes dessinent : « Hush » et « What U Need? » de mars 2020, les deux matrices du SouthCity Rap ; « Stop My Hustle », le pont drill ; « Glizzy Spray » du 26 mars 2021 selon l’artiste, le titre de la revendication ; et « We Affi Survive », daté de novembre 2021 par la note de « Hush ». Aucun album, aucun EP, aucune compilation n’apparaît dans les sources ouvertes : le catalogue documenté de Tazzo Thaboss est un catalogue de titres isolés et de versions, publiés un par un sur YouTube avec leurs généalogies en description.
Les limites du dossier : un seul témoin, et c’est l’artiste
Récapitulons les limites avec la même netteté que le reste. Première limite : la source unique. Les cinq pages ouvertes pour ce profil sont des pages de l’artiste, et leurs descriptions sont de sa main. Aucun distributeur, aucun média, aucun autre artiste dans les sources ouvertes ne confirme ni ses dates, ni son récit du Bouyon Drill, ni même une carrière scénique : aucun concert, aucune programmation, aucune collaboration n’apparaît dans le dossier, et le seul autre nom auquel le sien soit lié, DJ Flip Thaboss, l’est par un emprunt de nom et par un récit, non par un titre commun documenté. Deuxième limite : les données structurées de cette page ne retiennent que les cinq titres dont la page YouTube a été ouverte, et ses liens structurés ne portent aucun réseau social, faute de page artiste officielle ouverte et vérifiée.
Troisième limite, qui est aussi la raison d’être de ce profil : la revendication du premier Bouyon Drill est, à ce jour, invérifiable, et elle le restera tant qu’aucun document indépendant ne paraîtra. Ce qui est certain, c’est que le bouyon a une longue histoire avant la drill : le bouyon soca, par exemple, a été lancé par Dada en Dominique en 2003 selon le témoignage de première main de Sean « Smokiller » Francis, comme le raconte notre page bouyon soca, et le Wrecketeng a sa propre généalogie sur notre page Wrecketeng. Le Bouyon Drill de 2021, lui, n’existe pour l’instant qu’à travers les récits de ses acteurs, au premier rang desquels Tazzo. Documenter un récit n’est pas le valider : c’est le conserver avec son étiquette d’origine.
Si une fiche de plateforme de « Glizzy Spray », un article de presse de 2021, ou la page du « Bouyon Drill » de D-Rys refait surface, ce profil sera complété et daté, et la revendication réexaminée à documents nouveaux. En attendant, l’écoute documentée commence par « Glizzy Spray », revient aux matrices « Hush » et « What U Need? », suit le pont « Stop My Hustle » et se termine par « We Affi Survive ». Le contexte se lit sur nos pages DJ Flip Tha Boss et bouyon riddim, et la scène actuelle se suit dans notre playlist bouyon.
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Questions fréquentes
Qui est Tazzo Thaboss ?
C’est un rappeur de la Dominique, ancré à Grand Bay et dans le sud de l’île selon ses propres paroles, qui écrit et enregistre à Tazzo Studios sous l’enseigne TAZZO ENTERTAINMENTS. Il est connu par ses notes de sortie YouTube, qui le présentent comme le pionnier du Bouyon Drill avec « Glizzy Spray » en mars 2021. Aucune biographie, interview ou fiche de plateforme n’a été retrouvée pendant cette recherche.
Tazzo Thaboss a t il vraiment sorti le premier Bouyon Drill ?
C’est sa propre revendication, portée par le titre même de sa vidéo, « 1ST BOUYON DRILL EVER », et par ses notes de sortie qui datent « Glizzy Spray » du 26 mars 2021, à Tazzo Studios, alors qu’il vivait au Japon. Aucune source indépendante ouverte pour ce profil ne confirme cette priorité : ce site la rapporte donc comme une revendication d’artiste, attribuée à chaque mention.
D’où vient le Thaboss de son nom ?
De DJ Flip Tha Boss, selon la propre note de Tazzo sous « Glizzy Spray » : il écrit avoir été inspiré par DJ Flip Thaboss pour ajouter « Thaboss » à son nom, et précise que cet emprunt date d’avant la création du Bouyon Drill. Dans son récit, DJ Flip publie ensuite, en mai 2021, le Bouyon Drill Riddim bâti sur « Whoopty » de CJ.
Qu’est ce que le SouthCity Rap ?
C’est le genre maison que Tazzo définit dans ses notes : des titres comme « Hush », « What U Need? », « Stop My Hustle », « We Affi Survive » et « Badman », chantés, dit il, dans l’accent anglais cassé unique de South City, en Dominique. Ses titres de 2020 portent le hashtag GRANDBAY, et ses paroles nomment Grand Bay, Scott’s Head et Saint Joe.
Quels titres de Tazzo Thaboss sont documentés ?
Cinq pages YouTube ont été ouvertes pour ce profil : « Hush » et « What U Need? », datés par ses notes des 7 et 8 mars 2020, « Stop My Hustle », le titre drill dont les couplets viennent de « Hush », « Glizzy Spray », daté du 26 mars 2021, et « We Affi Survive », daté du 2 novembre 2021 par la note de « Hush ». Les couplets circulent d’un titre à l’autre selon une généalogie que l’artiste trace lui même.
Pourquoi les dates de Stop My Hustle changent elles selon les pages ?
Parce que les notes de l’artiste se contredisent : la page du titre le rattache au 14 avril 2020, année que son intitulé affiche aussi, tandis que la page de « Hush » date « Stop My Hustle » du 14 avril 2022. Aucune source extérieure ouverte ne permet de trancher, donc ce profil imprime les deux dates avec leur source chacune, sans en choisir une.
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