Bushtown Clan : le crew qui a fait passer le bouyon au DJ
Publié le 20 octobre 2026
Le Bushtown Clan est un collectif dominicain que les sources placent au centre du développement précoce du Wrecketeng, la branche du bouyon fondée sur l’échantillon. Produit du bouyon-muffin, inspiré par le travail de DJ Cut, le Clan a aidé à établir le style en Dominique par les performances DJ, les remixes et les enregistrements. Sa biographie la plus concrète tient dans deux documents modestes mais précieux : la biographie du producteur Dada, qui nomme les quatre artistes derrière le groupe, et le profil de Nemesiz, qui date son arrivée dans le Clan en décembre 1998 et un premier pas local du groupe en décembre 2000. Ce profil assemble ces pièces vérifiées, sans rien ajouter.
Qui est le Bushtown Clan : un collectif, pas un groupe de scène classique
Le Bushtown Clan appartient à la famille des crews de DJs et de producteurs, pas à celle des grandes formations live qui ont fait la première réputation du bouyon. WCK, formé à Roseau en 1988, avait créé le genre avec un groupe complet. Le Clan travaille autrement : des DJs, des voix et des machines, des soirées, des mixes et des remixes. Cette différence de format est le coeur de son histoire, parce que le style qu’il a aidé à établir, le Wrecketeng, est précisément la branche du bouyon née de la cabine plutôt que de la scène.
La description la plus directe du groupe vient de la biographie du producteur dominicain Krishna « Dada » Lawrence, publiée sur ShowcaseYourMusic. Elle présente le Bushtown Clan comme un groupe populaire de dancehall, de soca, de hip hop et de bouyon. Ces quatre étiquettes, données par un musicien qui a grandi à côté du groupe, résument son terrain : pas un bouyon pur et fermé, mais un bouyon ouvert aux musiques que les jeunes Dominicains écoutaient et dansaient à la fin des années 1990.
La page anglaise actuelle de Wikipédia consacrée au bouyon confirme l’importance du collectif avec des mots mesurés : le Bushtown Clan a joué un rôle important dans le développement précoce et la popularisation du Wrecketeng. Elle précise le mode d’action : par les performances DJ, les remixes et les enregistrements, le collectif a aidé à établir le style dans la scène musicale de la Dominique. Trois verbes, trois terrains : la soirée, le studio artisanal du remix, et le disque.
Ce profil doit aussi dire ce que le dossier ne contient pas. Les sources consultées ne donnent ni date de fondation formelle, ni discographie complète, ni page officielle vérifiée du Bushtown Clan sur les plateformes. L’histoire du groupe s’est transmise comme celle de beaucoup de crews dominicains de cette époque : dans les soirées, les mixes qui circulaient de main en main, et la mémoire des musiciens qui ont grandi autour de lui. Les deux sections suivantes rassemblent les noms et les dates que deux biographies d’artistes permettent, elles, de vérifier.
Les noms derrière le Clan : quatre artistes nommés par la biographie de Dada
La biographie de Dada sur ShowcaseYourMusic contient la liste la plus précieuse du dossier du Bushtown Clan. Elle raconte que le jeune Krishna Lawrence a grandi entouré d’artistes comme Kendel « Loosin » Knight, Kerry « Syco Fury » Severin, Nigel « Jonny Blaze » Anthony et Steven « Bofa » Lander, et elle ajoute : ce sont eux qui ont formé le populaire groupe de dancehall, soca, hip hop et bouyon Bushtown Clan. Quatre noms, quatre surnoms de scène, un groupe : c’est, à ce jour, la seule composition du collectif publiée dans une source consultée.
Il faut lire cette liste pour ce qu’elle est : le témoignage d’un proche, publié dans sa propre biographie d’artiste, et non un registre officiel. Mais sa valeur est réelle. Dada n’est pas un commentateur extérieur : il dit avoir grandi autour de ces artistes, et il attribue au Bushtown Clan la motivation qui l’a poussé à aller plus loin dans la musique. Quand un producteur majeur de la génération suivante nomme ses aînés, il fait un travail d’archive que les institutions n’ont pas fait. Ce profil reprend donc ses quatre noms exactement comme il les donne, avec leurs surnoms entre guillemets.
Un deuxième document ajoute un cinquième nom au cercle du Clan, avec une date. Le profil de l’artiste Nemesiz sur Bandmine raconte qu’en décembre 1998, il a rejoint un groupe appelé Bushtown Clan, et que pendant les mois suivants, il était demandé pour de nombreux spectacles. Le même profil raconte que, sur la route avec le Clan, il a rencontré un Kerry avec lequel il a formé le duo de DJs C.A.P. La biographie de Dada nomme de son côté un Kerry « Syco Fury » Severin parmi les quatre formateurs du groupe. Les deux sources parlent chacune d’un Kerry proche du Clan, sous des présentations différentes : ce profil les rapporte séparément, sans les fusionner en une seule identité que les documents ne permettent pas d’établir.
Cette prudence sur les noms fait partie de la méthode de ce site. Le bouyon a trop voyagé sans ses crédits pour que Bouyon Shattaz en invente de nouveaux, même avec de bonnes intentions. Pour le Bushtown Clan, l’état vérifié du dossier est donc le suivant : quatre formateurs nommés par la biographie de Dada, un membre daté de décembre 1998 nommé par son propre profil, et un duo de DJs, C.A.P., né sur la route du Clan. C’est moins qu’une biographie complète, et c’est infiniment plus que le silence qui entoure la plupart des crews dominicains de cette période.
Du bouyon-muffin au Wrecketeng : l’inspiration « Party »
Pour comprendre le Bushtown Clan, il faut remonter d’une marche, au bouyon-muffin. Cette branche du bouyon incorpore le raggamuffin jamaïcain, le hip hop et le dancehall. Sa figure documentée est Skinny Banton, connu plus tard sous le nom de Shadowflow, qui collabore avec WCK à partir de 1995 en posant un chant influencé par le ragga sur les rythmes bouyon. Le bouyon-muffin est le sol sur lequel le Clan a poussé : les anciennes versions de la page anglaise de Wikipédia le décrivent littéralement comme un produit du bouyon-muffin.
Le déclencheur nommé par ces mêmes sources est un enregistrement : « Party », avec Joanne et DJ Cut de Bucktown Sounds. Sa conséquence est formulée presque à l’identique en anglais et en français : des titres comme « Party » ont donné aux produits du bouyon-muffin comme le Bushtown Clan une inspiration supplémentaire pour incorporer davantage de hip hop et de dancehall dans le genre, jusqu’à créer le style nouveau. Le Clan n’est donc pas un simple héritier du bouyon-muffin : il fait partie des acteurs dont le travail transforme l’inspiration en style.
Ce style nouveau, le Wrecketeng, se définit par sa méthode : un bouyon fondé sur l’échantillon, qui remixait des enregistrements dancehall et hip hop existants par-dessus des instrumentaux bouyon. Comme le dub, il consiste principalement en remixes instrumentaux, obtenus en retirant le rythme du morceau d’origine et en mettant en avant la batterie et la basse bouyon, sur une base parfois appelée un riddim. L’apport du Bushtown Clan se situe dans le passage de cette méthode du geste isolé à la pratique collective : un crew entier qui la répète, la fait entendre et la rend désirable.
Sur le nom du style, ce site suit la même règle que pour DJ Cut : l’orthographe officielle est Wrecketeng. Selon Sean « Smokiller » Francis, fondateur de Bouyon Shattaz et participant de l’époque Nursery Krew, cette orthographe vient de DJ Cut lui-même. La graphie reketeng, répandue sur internet, est une erreur devenue courante, et ce profil ne l’emploie que signalée comme telle. Pour un collectif dont le travail a consisté à reprendre les disques des autres pour en faire du bouyon, garder le bon nom du style est une manière de lui rendre la pareille : reprendre son histoire, mais avec le bon crédit.
La méthode du Clan : échantillons, voix existantes et rythmes réarrangés
La page anglaise actuelle de Wikipédia résume l’approche de production du Bushtown Clan en une phrase dense : elle mettait l’accent sur l’échantillon, l’expérimentation rythmique et l’usage d’enregistrements vocaux existants posés sur des instrumentaux bouyon nouvellement arrangés. Chaque terme compte. L’échantillon dit la matière : des disques déjà là. L’expérimentation rythmique dit le travail : ne pas copier, mais tordre. Et les voix existantes sur des instrumentaux réarrangés disent le résultat : des chansons connues qui reviennent habillées en bouyon, reconnaissables et nouvelles à la fois.
La page française de Wikipédia place le Bushtown Clan parmi les premiers groupes et crews à avoir joué un rôle essentiel dans la popularisation du style, aux côtés du Klockerz Krew et de la Nursery Krew. Elle dit qu’ils se sont fait connaître en mélangeant des hymnes populaires du hip hop et du dancehall avec des programmations de batterie bouyon agressives et des échantillons. Cette page présente comme exemples emblématiques de cette période des remixes bouyon de titres comme « Big Pimpin’ » de Jay-Z, avec UGK, et « Ridin’ Dirty » de Chamillionaire, considérés comme des classiques fondateurs des styles hybrides ultérieurs.
Ce dernier point demande une précision d’honnêteté que ce profil assume. La section française qui contient ces exemples porte, sur la page elle-même, un bandeau indiquant qu’elle ne cite pas suffisamment ses sources. Bouyon Shattaz les rapporte donc comme le récit de la page française sur les pionniers du style pris ensemble, et non comme une discographie vérifiée titre par titre du seul Bushtown Clan. Aucune source consultée ne permet d’attribuer ces deux remixes précis au Clan plutôt qu’à l’ensemble des crews pionniers, et ce profil ne le fait pas.
Reste le son, que les sources actuelles décrivent de manière cohérente pour le style entier : des percussions rapides, des lignes de basse lourdes, des motifs rythmiques répétitifs et des voix influencées par le dancehall caribéen et le rap, avec le R et B ajouté par la page française à la liste des fusions. C’est dans ce son que le Bushtown Clan a travaillé, soirée après soirée. Sa playlist bouyon voisine sur ce site permet d’entendre la descendance actuelle de cette grammaire, des remixes bouyon d’aujourd’hui aux titres construits sur des voix existantes.
Décembre 1998, décembre 2000 : les deux dates du profil Nemesiz
Le profil de Nemesiz sur Bandmine donne au Bushtown Clan quelque chose de rare dans son dossier : une chronologie. Première date : décembre 1998, quand Nemesiz rejoint le groupe. Deuxième repère : pendant les mois qui suivent, il est demandé pour de nombreux spectacles, sur la route avec le Clan. Le collectif de la fin des années 1990 n’est donc pas un projet de studio resté sur le papier : c’est une formation qui tourne, qui joue, et qui attire assez pour qu’un jeune artiste construise le début de son parcours avec elle.
Le même profil raconte la naissance d’un projet parallèle né du Clan : le duo de DJs C.A.P., formé par Nemesiz avec le Kerry qu’il rencontre sur la route. En quelques mois, dit le profil, C.A.P. a marqué l’histoire underground en créant des mixes uniques en Dominique et à Saint-Martin. Ce détail déplace la carte du Bushtown Clan : son activité ne se limite pas à une scène locale. Par ses membres et leurs duos, le travail du Clan circule déjà entre la Dominique et Saint-Martin, sur la route des mixes et des soirées.
Deuxième date : décembre 2000. Le profil dit que le Clan a alors sorti ses débuts locaux, et que C.A.P. a sorti au même moment son premier mix, intitulé « Weve Just Begun Vol. 1 » dans l’orthographe du profil. Débuts locaux est la seule description donnée de cette sortie du groupe : pas de titre d’album publié, pas de liste de titres, pas de label nommé dans la source. Ce profil rapporte donc le fait et sa date, attribués au récit de Nemesiz, sans transformer cette sortie en discographie qu’elle ne peut pas documenter.
Ces deux dates, 1998 et 2000, encadrent ce que l’on peut appeler la période documentée du Bushtown Clan : un collectif actif dans les spectacles à la fin des années 1990, une sortie locale au tournant des années 2000, et une influence qui dépasse déjà son propre catalogue. Car l’héritage le plus mesurable du Clan n’est pas un disque : c’est un musicien. La section suivante suit ce fil, de l’enfant qui grandissait à côté du groupe au producteur qui allait relayer son travail sous un autre nom, la Nursery Krew.
L’héritage : Dada, la Nursery Krew et le relais des années 2000
La biographie de Dada donne au Bushtown Clan un héritage nommé : le groupe, écrit-elle, lui a donné la motivation pour creuser plus profondément la musique. Le jeune Krishna Lawrence, qui avait commencé la musique à douze ans selon sa biographie, grandit autour des quatre formateurs du Clan, puis devient Dada, producteur. Ce trajet d’un auditeur de proximité devenu acteur est exactement la manière dont les crews transmettent un style : pas par des manifestes, mais par des adolescents qui écoutent, qui regardent faire, et qui décident de faire à leur tour.
Le relais devient institutionnel au début des années 2000. Les sources placent la Nursery Krew Inc. à l’étape suivante du Wrecketeng : le collectif y développe le style par des enregistrements originaux, avec des artistes et producteurs associés comme Burn Brain Jolly, Charlie Black, Watty et Smokiller, et des enregistrements comme « Peanuts », « Sorti Desandre » et le NKI Medley. La biographie de Dada ajoute le chaînon humain : c’est lui qui a fait sortir le groupe Nursery Krew Inc., et il y produit des titres dont « Peanuts ». L’influence du Bushtown Clan coule donc, par Dada, dans l’équipe qui donne au Wrecketeng sa phase de production originale.
Le nom de Dada porte aussi un autre fil que ce site documente avec soin. Selon le témoignage direct de Sean « Smokiller » Francis, participant de cette époque, le bouyon soca a été lancé par Dada en 2003 en Dominique, et Triple Kay l’a ensuite popularisé. Le musicien motivé par le Bushtown Clan se retrouve ainsi, quelques années plus tard, à l’origine attestée d’une autre branche du genre. Le Clan n’a pas créé le bouyon soca, et ce profil ne le prétend pas : il a formé l’oreille d’un de ceux qui l’ont créé, ce qui est une autre forme, documentée, de paternité musicale.
En décembre 2025, la lignée entière est nommée publiquement. Le 3 décembre 2025, Dominica News Online annonce l’album collaboratif de Smokiller consacré aux origines du Wrecketeng, avec des contributions de DJ Cut, Klass Money, Charlie Black, Keith Goddard, O Banga et Mopo Neck, et une reconnaissance de l’influence de Burn Brain Jolly et des enregistrements de la Nursery Krew. Selon le compte rendu de cette annonce, le projet cherche explicitement à attirer l’attention sur les contributions de DJ Cut, du Bushtown Clan et de la Nursery Krew Inc. aux sons du bouyon contemporain. Trente ans après le bouyon-muffin, le collectif sans discographie officielle se retrouve cité, par son nom, dans le projet qui raconte les origines du style. C’est pour documenter ce nom avant qu’il ne s’efface que ce profil existe, aux côtés de notre histoire du bouyon.
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Questions fréquentes
Qui sont les membres du Bushtown Clan nommés dans les sources ?
La biographie du producteur Dada, sur ShowcaseYourMusic, nomme quatre artistes comme ceux qui ont formé le groupe : Kendel « Loosin » Knight, Kerry « Syco Fury » Severin, Nigel « Jonny Blaze » Anthony et Steven « Bofa » Lander. Le profil de Nemesiz, sur Bandmine, ajoute qu’il a rejoint le Clan en décembre 1998.
Quel genre de groupe était le Bushtown Clan ?
Un collectif dominicain de DJs et de producteurs. La biographie de Dada le décrit comme un groupe populaire de dancehall, de soca, de hip hop et de bouyon. Son travail passait par les performances DJ, les remixes et les enregistrements, avec une production centrée sur l’échantillon.
Quel est le lien entre le Bushtown Clan et le Wrecketeng ?
Le Clan a joué un rôle important dans le développement précoce et la popularisation du Wrecketeng en Dominique. Produit du bouyon-muffin, il a été inspiré par des titres comme « Party », avec Joanne et DJ Cut, pour incorporer davantage de hip hop et de dancehall, dans la chaîne qui a créé le style.
Quand le Bushtown Clan a-t-il fait ses débuts locaux ?
En décembre 2000, selon le profil de Nemesiz sur Bandmine. Le même profil raconte que Nemesiz avait rejoint le Clan en décembre 1998, qu’il était demandé pour de nombreux spectacles, et que le duo de DJs C.A.P., formé sur la route avec le Clan, a créé des mixes en Dominique et à Saint-Martin et sorti son premier mix au même moment que les débuts locaux du Clan.
Comment le Bushtown Clan a-t-il influencé Dada ?
Selon sa biographie, Krishna « Dada » Lawrence a grandi entouré des quatre artistes qui ont formé le Bushtown Clan, et le groupe lui a donné la motivation pour creuser plus profondément la musique. Dada a ensuite fait sortir la Nursery Krew Inc., l’étape suivante du Wrecketeng au début des années 2000, où il produit notamment « Peanuts ».
Le Bushtown Clan est-il cité dans le projet Wrecketeng de 2025 ?
Oui. L’album collaboratif de Smokiller annoncé le 3 décembre 2025 par Dominica News Online cherche, selon le compte rendu de l’annonce, à attirer l’attention sur les contributions de DJ Cut, du Bushtown Clan et de la Nursery Krew Inc. au développement de sons aujourd’hui associés au bouyon contemporain.
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