Gaza Girls Crew : un single, une scène parisienne, un nom expliqué par une thèse
Publié le 20 octobre 2026
Gaza Girls Crew est un groupe de la scène bouyon guadeloupéenne dont le dossier public vérifié tient en trois pièces, et ce profil les publie toutes les trois sans en ajouter une quatrième. La première est un disque : le single « Sa Zot Vlé », sorti le 1er mai 2011 chez Bouyon Concept. La deuxième est une scène : en décembre 2012, selon le collectif Rebel Up, le groupe figure parmi les artistes du premier spectacle bouyon à Paris, filmé par un documentaire de 50 minutes en français et en créole. La troisième est un livre : une thèse universitaire de 2013 sur le dancehall des Antilles françaises cite les Gaza Girls Crew de Guadeloupe pour expliquer l’origine de leur nom. Le reste, membres, ville, parcours, n’est pas documenté dans les sources consultées, et ce profil le dit au lieu de l’inventer.
Qui sont les Gaza Girls Crew : un groupe féminin du bouyon gwada
Les Gaza Girls Crew appartiennent au monde du bouyon gwada, la déclinaison guadeloupéenne du bouyon né en Dominique. Rebel Up, collectif bruxellois qui a documenté cette scène au moment même où elle explosait, décrit le courant de l’époque, le bouyon hardcore : des paroles crues, en anglais, en français ou en créole, sur des riddims percussifs lourds aux mélodies simplifiées, où un même riddim à succès reçoit plusieurs versions comme dans le dancehall. C’est dans ce paysage de Guadeloupe, au début des années 2010, que le nom Gaza Girls Crew apparaît, sous deux formes voisines : Gaza Girls dans le récit de Rebel Up, Gaza Girls Crew sur la pochette du single.
Le groupe est féminin, et ce fait simple compte dans l’histoire du genre. Le bouyon des années 2010 est une scène largement masculine dans ses crédits publiés, et les formations de femmes y sont rares. Notre page femmes du bouyon rassemble ce que le site documente sur cette présence. Les Gaza Girls Crew y tiennent une place datée et sourcée : un single en 2011, une scène parisienne historique en 2012. Aucune source consultée ne donne le nom des membres du groupe, leur nombre, ni leur commune d’origine en Guadeloupe, et ce profil ne prête au groupe ni biographie ni effectif.
Il faut aussi séparer nettement trois noms que les moteurs de recherche mélangent. Gaza Girls Crew n’est pas Gaza Crew, un nom voisin traité sur sa propre page de ce site à partir d’un dossier encore plus mince, et aucune source consultée ne prouve un lien entre les deux. Gaza Girls Crew n’est pas non plus Yellow Gaza, autre nom de la même scène guadeloupéenne, cité par les articles de référence parmi les musiciens populaires du bouyon gwada : chacun de ces noms a son propre dossier, et ce profil n’emprunte ni les titres ni le parcours des autres.
« Sa Zot Vlé » : le single de 2011 chez Bouyon Concept, lu crédit par crédit
Le disque est la pièce la plus solide du dossier, parce qu’elle se lit crédit par crédit sur sa fiche de plateforme. « Sa Zot Vlé », titre créole que l’on peut rendre par c’est ce que vous voulez, est sorti le 1er mai 2011 chez Bouyon Concept, comme single, sous le nom Gaza Girls Crew. Sa fiche Shazam affiche un tempo de 160 BPM, tout en haut de la zone du bouyon, celle des titres faits pour faire sauter une salle. Le label, Bouyon Concept, rattache le disque au circuit de production du bouyon gwada du début des années 2010, le même monde d’enseignes proches que le cercle Vadore Concept documenté ailleurs sur ce site.
Les crédits publiés sont courts et ce profil les donne en entier. L’interprète est Gaza Girls Crew. L’auteur est Gaza Girls Crew. La compositrice créditée est Jessica Petrokassi. Ce nom est, à ce jour, le seul nom de personne rattaché au groupe par une source publiée consultée, et il l’est dans un rôle précis, la composition, non comme membre déclarée du groupe : ce profil le cite donc dans ce rôle exact, sans en faire une chanteuse ni une cheffe de file. Aucun autre titre du groupe n’a été retrouvé sur les plateformes consultées pendant cette recherche : la discographie vérifiée du groupe tient, en l’état du dossier, à ce seul single.
Un single unique n’est pas un petit fait dans cette scène. Au début des années 2010, le bouyon gwada circulait d’abord par les soirées, les mixtapes et les vidéos, et beaucoup de formations actives sur scène n’ont laissé qu’un titre, ou aucun, dans les catalogues des plateformes. « Sa Zot Vlé » donne aux Gaza Girls Crew ce que tant de noms de l’époque n’ont pas : une date, un label, un tempo et un crédit de composition, vérifiables par tout lecteur. Pour entendre le son de cette génération dans son contexte, notre playlist bouyon rassemble les titres suivis par ce site.
Décembre 2012 : la première scène bouyon à Paris
La deuxième pièce du dossier est historique. Dans son grand article sur le bouyon hardcore, qui accompagne sa mixtape « Bouyon Hardcore 2k13 », Rebel Up écrit qu’au niveau international, il a fallu attendre décembre 2012 pour que les premiers MCs et DJs dominicains et guadeloupéens viennent à Paris, ville d’une grande partie de la diaspora antillaise de France, et qu’il existe un documentaire de 50 minutes, en français et en créole, de la première performance impressionnante à Paris de Suppa, Gaza Girls, Dj Joe et d’autres. Le groupe est donc nommé, dans la seule source qui documente ce moment en détail, parmi les artistes de la première scène parisienne du bouyon.
Ce moment mérite d’être situé. Le bouyon est né en Dominique, et notre page d’histoire du bouyon retrace son parcours depuis Roseau, pendant que notre page bouyon à Paris suit son implantation dans la capitale. Son arrivée en France ne passe pas d’abord par les institutions ni par les médias généralistes : elle passe par les artistes qui montent sur une scène parisienne en décembre 2012, devant le public de la diaspora, avec le son cru du bouyon gwada. Que les Gaza Girls Crew fassent partie de ce premier plateau, aux côtés de Suppa, figure centrale du bouyon gwada, et de DJ Joe, place le groupe dans l’histoire de l’exportation du genre, pas seulement dans un catalogue de singles.
Rebel Up ajoute, avec humour, que les questions de l’intervieweur du documentaire ne sont pas nécessairement plus intéressantes que les réponses, qu’il ne comprend pas entièrement parce qu’elles sont en créole. Le détail a son importance pour un chercheur : le documentaire est une pièce de source primaire, parlée dans la langue de la scène, et c’est aujourd’hui la trace la plus riche qui existe du groupe en action. Aucune source consultée ne donne la setlist de cette soirée, ni la composition du groupe ce soir là, et ce profil ne reconstitue ni l’une ni l’autre.
Le nom Gaza : ce qu’une thèse universitaire explique, et ce qu’elle ne dit pas
Reste la question que tout lecteur se pose devant ce nom, et c’est ici que ce profil répond à ce qu’un profil ordinaire ne demande même pas. Une thèse universitaire consacrée au dancehall des Antilles françaises, soutenue en 2013 et consultable sous la référence 2013AGUY0728, traite le mot Gaza comme l’exemple le plus frappant de l’influence du dancehall francophone de l’époque. Selon cette analyse, de nombreux artistes et supporters francophones du dancehall ont repris à leur compte le terme Gaza popularisé par l’artiste jamaïcain Vybz Kartel, qui l’emploie pour nommer son clan, et la thèse cite nommément, comme émules en Guadeloupe, les Gaza girls crew, avant de citer en Martinique le mot valise Volgaza, contraction de Volga, quartier populaire de Fort-de-France, et de Gaza.
Cette analyse doit être lue pour ce qu’elle est, et ce profil la présente avec ses limites exactes. Elle établit une filiation de vocabulaire, documentée par un travail universitaire : le nom du groupe guadeloupéen s’inscrit dans la vague d’adoption du mot Gaza par la jeunesse dancehall des îles françaises, au moment même où le groupe publie son single et monte sur la scène parisienne. Elle n’établit en revanche aucun lien d’organisation, de label ou de personne entre les Gaza Girls Crew et l’entourage jamaïcain de Vybz Kartel, et aucune autre source consultée n’en établit non plus. Ce profil ne raconte donc pas l’histoire jamaïcaine de Gaza comme si c’était celle du groupe : les deux histoires se touchent par un mot, et par ce mot seulement.
Comprise ainsi, la filiation éclaire le groupe au lieu de l’écraser. Choisir Gaza comme nom de crew, en Guadeloupe, en 2011, c’était parler la langue internationale du dancehall de sa génération, celle des crews, des clans et des appartenances affichées, tout en chantant sur des riddims de bouyon, la musique née en Dominique et retravaillée en Guadeloupe. Le nom est jamaïcain d’inspiration, le son est dominicain de naissance et guadeloupéen de pratique : ce triple ancrage est exactement celui du bouyon gwada, et les Gaza Girls Crew en sont un des exemples les plus nets, parce qu’une thèse l’a écrit noir sur blanc.
Ce que ce profil ne sait pas, et pourquoi cette page existe quand même
Les blancs du dossier doivent être nommés sans détour. Aucune source consultée ne donne les noms des membres des Gaza Girls Crew, leur nombre, leur commune d’origine, ni la date de formation ou de séparation du groupe. Aucune source consultée ne documente un second titre, un album, une tournée ou une interview du groupe. Aucun compte officiel de réseau social ou de plateforme n’a été vérifié par ouverture directe comme étant le sien, et le schéma de cette page ne lie donc aucun compte externe. Le seul nom de personne publié dans les crédits est celui de la compositrice de « Sa Zot Vlé », Jessica Petrokassi, citée dans ce rôle précis.
Cette page existe parce que les trois pièces du dossier, elles, sont réelles, datées et vérifiables. Un single de 2011 avec label, tempo et crédits. Une place nommée sur la première scène bouyon de Paris, en décembre 2012. Une citation dans une thèse universitaire de 2013, qui fait du groupe un exemple publié de la circulation du dancehall vers les Antilles françaises. Peu de formations du bouyon gwada du début des années 2010 peuvent aligner trois traces de cette qualité, et aucune ne devrait avoir à en inventer une quatrième pour mériter une page.
Si les membres du groupe, Bouyon Concept ou les témoins du documentaire de 2012 publient une biographie, des noms ou des comptes officiels, ce profil sera complété, corrigé et daté comme toutes les pages de ce site. En attendant, l’écoute commence par « Sa Zot Vlé », la lecture par le récit de Rebel Up sur la nuit parisienne de décembre 2012, et le contexte par nos pages bouyon gwada et bouyon à Paris.
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Questions fréquentes
Qui sont les Gaza Girls Crew ?
Les Gaza Girls Crew sont un groupe féminin de la scène bouyon gwada de Guadeloupe, au début des années 2010. Leur dossier public vérifié tient en trois pièces : le single « Sa Zot Vlé », sorti le 1er mai 2011 chez Bouyon Concept, leur présence nommée par Rebel Up au premier spectacle bouyon à Paris en décembre 2012, et une citation dans une thèse universitaire de 2013 sur le dancehall des Antilles françaises.
Quel est le titre connu des Gaza Girls Crew ?
« Sa Zot Vlé », single sorti le 1er mai 2011 chez Bouyon Concept, à 160 BPM selon sa fiche Shazam. Les crédits publiés nomment Gaza Girls Crew comme interprète et auteur, et Jessica Petrokassi comme compositrice. Aucun autre titre du groupe n’a été retrouvé sur les plateformes consultées en octobre 2026.
D’où vient le nom Gaza des Gaza Girls Crew ?
Selon une thèse universitaire de 2013 sur le dancehall des Antilles françaises, le mot Gaza, popularisé par l’artiste jamaïcain Vybz Kartel pour nommer son clan, a été repris par de nombreux artistes et supporters francophones du dancehall, et la thèse cite nommément les Gaza girls crew en Guadeloupe comme exemple, avec le mot valise martiniquais Volgaza. C’est une filiation de vocabulaire documentée par ce travail universitaire, pas une appartenance au crew jamaïcain, qu’aucune source consultée n’établit.
Les Gaza Girls Crew ont-elles joué à Paris ?
Oui, selon Rebel Up. Le collectif écrit qu’en décembre 2012, les premiers MCs et DJs dominicains et guadeloupéens du bouyon se sont produits à Paris, et qu’un documentaire de 50 minutes en français et en créole filme cette première performance de Suppa, Gaza Girls, Dj Joe et d’autres. C’est la trace scénique la plus importante du groupe.
Les Gaza Girls Crew et Gaza Crew sont-ils le même groupe ?
Non, rien dans les sources consultées ne permet de les confondre ni même de prouver un lien entre eux. Gaza Girls Crew dispose d’un single et d’une trace scénique documentés. Gaza Crew, traité sur sa propre page de ce site, ne survit que dans une liste de mots clés d’une vidéo du cercle de Suppa. Ce profil garde les deux noms strictement séparés, comme les sources les présentent.
Où écouter les Gaza Girls Crew et le bouyon gwada de leur époque ?
Commencez par « Sa Zot Vlé », le single de 2011, puis lisez nos pages bouyon gwada et bouyon à Paris, et écoutez notre playlist bouyon, qui rassemble les titres de cette génération suivis par Bouyon Shattaz.
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